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 Hôtel des Trois-Hémisphères (Paris)

 
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Mar 7 Juin - 22:11

Un vieil hôtel interlope datant du siècle dernier sis rue du Bon-Puits, dans le XVIIIème arrondissement parisien.

 
 
Virgilio di Constantini

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Dossier de renseignement
Nationalité: Italie Italie
Don/Rune:
Allégeance: Inconnue

Mer 8 Juin - 19:02

*Je vais vraiment finir chèvre si ça continue comme ça... songeait Virgilio di Constantini en écoutant tomber la pluie.*

La poussière s’était lentement accumulée sur sa vieille valise verte, posée sur le fauteuil. Sur la table de chevet, le dernier journal – celui d’aujourd’hui – était juché sur une pile considérable de vieux journaux, dont on pouvait supposer qu’ils dataient des jours précédents. Une pile de vêtements, jeté dans un autre coin de la chambre, devait constituer son linge sale à en juger par l’odeur qui s’en dégageait. Somme toute, on pouvait juger, si l’on voulait, de la longueur de cette attente, si on se donnait la peine de jauger ces différentes épaisseurs, strates insignes d’une hygiène douteuse ou signes abstraits d’un morne quotidien; mais celui qui était concerné par cette attente n’avait manifestement rien à faire du temps passé. Son visage, faiblement éclairé par le gris désespérant du ciel couvert, était tout entier tendu en direction de la rue.

Virgilio se gratta le torse par-dessus son maillot de la Juventus de Turin. Les yeux fixés sur le liseron du mur du bâtiment d’en face, il avait tout à fait l’air de s’ennuyer. Il y a quelques jours encore, quelques signes pouvaient encore trahir la fébrilité de l’attente ; la valise prête, la barbe rasée, cette vivacité dans le moindre geste qui eût fait peur à n’importe quel observateur, s’il y en avait un... L’enthousiasme était peu à peu retombé, mais il n’en demeurait pas moins vigilant. De longues années de solitude lui avaient en effet appris que, si les jours tendaient à se confondre, il n’y avait pourtant pas un seul jour qui ne soit par transparence un menu réseau de surprises. Au cours d’autres réclusions volontaires, il avait rapidement cédé à la tentation de compter les jours, parfois les heures ; mais cette réclusion était différente parce qu’elle n’avait pas à première vue pas de fin. D’où sans doute cet air rêveur, mobilisé qu’il était par les réalités environnantes, comme le rêveur par le songe dans lequel il se retrouvait piégé. Peut-être la situation présente était-elle ceci justement : un songe. Une possibilité inquiétante, dont on ne sait si elle ressemblait au soulagement ou au malheur.

*Tout ça, c’est des conneries... Va pas te faire de bile, allez ! tu vas te refaire, mon garçon...*

Il se dirigea vers la valise pour piocher un blue-jean, qu’il enfila incontinent avant de reprendre son poste à la fenêtre. Le ciel sembla moins gris, maintenant que les mauvaises pensées s’étaient éloignées au profit de vagues combinaisons et d’inconsistants projets. On devinait qu’elles devaient toutes tourner autour d’une évasion fantastique, vu l’insistance avec laquelle il fixait les toits du bâtiment d’en face. Comme il devait être facile à Paris de jouer la fille de l’air ! Sauter de toits en toits, en prenant garde de ne pas glisser sur la tôle mouillée... Et surtout, en ne manquant pas de saluer d'éventuels spectateurs ahuris !

*Rien dans les mains, rien dans les poches, tout dans la détente !*

Il songea alors aux présences qui le visitaient dans son rêve et soupira. On pouvait maudire autant qu’on voulait ces subites associations d’idées, mais quand elles venaient, on y était irrésistiblement aspiré. Le rêve en avait l’allure : la même absence de visage, la même dangereuse attraction, comme ces fameuses structures doubles gravitant l’une autour de l’autre, et qui ne promettent que la nuit... Ces deux hommes qui pénétraient soudain dans sa chambre, pistolets aux poings... Les circonstances variaient, mais le scénario était invariablement le même... Là, ils attendaient penchés au-dessus de son lit qu'il se réveillât pour les découvrir, curieusement agrandis par la pénombre, les yeux baissés comme si le poids des armes les eût alourdis... Ou bien, c’était une exécution rapide, violente, mais silencieuse comme le massacre continuel et imperceptible des insectes lors d’une paisible nuit d’été... Un coussin jeté sur sa figure, la main plaquée sur sa bouche pour qu’il ne fasse pas tant de manières, ou alors rien de tout cela, ou alors tout cela en même temps... Venaient alors les trois décharges...

*Je vais vraiment finir chèvre si ça continue comme ça... songeait Virgilio di Constantini en plaquant son front contre le carreau froid.*

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Lui
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Mar 14 Juin - 16:27

Rien ne se passe. Littéralement rien. C'est l'ennui. C'est le vide. Vous tournez en rond, depuis plus d'une semaine maintenant. Vous vérifiez le téléphone jetable que vous avez acquis il y a quelques jours, dans un bureau de tabac dans le nord de la France, à l'aide d'une fausse pièce d'identité. Aucun appel. Votre soeur ne semble guère s'intéresser à votre cause.

Vous allumez la télévision. Le président français reçoit le président américain... Il faut dire que l'assassinat de l'ambassadeur des Etats-Unis à Paris n'est pas de nature à réchauffer les relations transatlantiques... On parle aussi du vol d'un tableau à la Fondation Vuitton, répandant le mythe de l'existence de l'Epine, un gentleman cambrioleur qui aurait déjà agi, il y a quelques jours seulement, au Musée du Louvre. Vient ensuite une semble histoire de meurtre conjugal en région parisienne. Bref, vous éteignez votre poste.

Vous décidez de jeter un oeil aux documents que vous avez dérobé, mais qui vous demeurent encore incompréhensibles... Il va falloir avoir un éclair de géni, ou trouver quelqu'un de plus avisé que vous pour mettre véritablement le doigt sur le potentiel énorme de votre découverte...
 
 
Virgilio di Constantini

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Nationalité: Italie Italie
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Allégeance: Inconnue

Mer 15 Juin - 12:42

... Et Virgilio ne doutait pas que ces documents ne continssent un secret de la plus haute importance. Il jeta sur les documents qu'il avait extirpé tant bien que mal de sa valise le coup d’œil de celui qui les avait une bonne centaine de fois, et qui était capable de les répéter au mot près. Puis il revint pour la troisième fois à son poste d'observation.

Ce qui avait pu être il y a quelques jours encore une étrange ritournelle s'était maintenant transformé en une affreuse rengaine, contaminant ses pensées au point que leur tonalité était, à peu de choses près, comparables à de solides obsession enracinées. A côté d'elles, les rumeurs du monde n'étaient que des bruits de fond. Sans doute, il avait légèrement levé les yeux en entendant parler de ce cambriolage à la fondation Louis Vuitton, mais il en était encore à la nouvelle de la visite du président des Etats-Unis d'Amérique; cette dernière l'avait, pour ainsi dire, ramené à l'ordre.


*Je savais que j'aurais jamais dû me la faire, cette ambassade... Mais bien sûr, il fallait que tu la ramènes, avec tes histoires de "coup du siècle" ! Et où est-ce que ça t'a mené, mon garçon ? Hein, dis ? Ahimè !... "Colin-Maillard" avait raison, tiens, j'aurais mieux fait de voir les choses en plus petit. Travailler dans les bâtiments de la haute, c'est marrant seulement dans les films d'espionnage. Ils doit bien se marrer, de là où il est...*

Et il y avait maintenant ces documents qu'il tenait dans ses mains, face au jour gris qui jetait une lumière claire sur ces petits caractères qui avaient scellé son destin. En particulier, un mot en majuscule, un tout petit mot de rien du tout et qui ne voulait rien dire: NOVUS. Un mot qui venait d'ailleurs et qui, s'il empestait les ennuis à plein nez pour Virgilio, sentait d'abord son parfum d'encens et de myrrhe.

Son nez se retroussa en jetant un coup d’œil dans la rue.

*Allez, réfléchis un peu, mon garçon... "Les Illuminatis", "Le Saint-Siège", "Les Alteri"... Ça, je le sais, c'est du latin: "les autres". Ça dit qu'ils en ont trouvé un. Je sais pas ce que sais, mais ils en ont trouvé un. Et de l'autre côté, il y a la fondation Vevey... Tu parles d'un nom ! Et d'ailleurs, c'est quoi comme genre de nom ? Une entreprise ? Un nom de code ? Un prénom ? Comme la fondation où on a fauché le tableau ?... "Nous procéderons sous peu au déploiement des atouts sur le terrain des opérations"... Est-ce qu'ils parlent de ces gars en costard qui me suivent ? Et d'abord, qui est-ce qui me suis depuis cette foutue journée ?...*

Il se passa la main sur sa figure en soupirant. Comme d'habitude, sitôt qu'il avait cette chose en main, elle libérait les eaux tumultueuses de l'inconnu qu'il n'avait cessé d'interroger ces derniers jours à heure fixe, et qui lui demeurait complètement hermétique. Mais il devait essayer encore une fois, une dernière fois. C'était primordial s'il voulait survivre. Il avait sûrement omis un détail, le début d'une piste. Il fallait qu'il la trouve: il n'y avait rien de plus important, pour le moment. Cette blatte qui venait de passer subrepticement d'un coin à l'autre de la chambre par le plafond n'avait aucune importance; pas plus que les démangeaisons de sa barbe, sa soudaine envie de piller le mini-bar miteux ou ces bruits de pas qui retentissaient dans le couloir de l'hôtel, et qu'il avait, contre son habitude, omis de noter...

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Lui
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Dim 19 Juin - 23:57

Le déclic ne vient pas. Ces maudits documents sont à la fois suffisamment précis pour éveiller chez vous de l'intérêt, mais trop évasif pour que cette curiosité ne soit satisfaite. C'est une satanée torture, à laquelle vous êtes arraché par trois coups qui sont frappés à la porte de votre chambre.

Ouvrir, attendre, fuir... ?
C'est à vous de choisir.

 
 
Virgilio di Constantini

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Dossier de renseignement
Nationalité: Italie Italie
Don/Rune:
Allégeance: Inconnue

Lun 20 Juin - 14:24

*E che cazzo !*

Il jeta sur le lit défait le document qui s'y éparpilla, et commença à faire les cents pas. Une fois de plus, ils n'avaient pas daignés lui faire savoir dans quelle mouise il s'était enlisé. Son envie de boire s'en était accrue; il ouvrait plusieurs fois la bouche comme pour humer un air plus liquide, tandis que son esprit, affolé par cet énième contact avec le grand Cauchemar, refluait en lui-même. En ces violents accès de monomanie, on n'est jamais loin de toucher par ailleurs à l'infini.

*Mais pourquoi est-ce que je m'énerve, moi ?*

Il frotta énergiquement son visage et prit une grande inspiration; il ne fallut que quelques secondes pour que la tension se résolût en un rire nerveux, dont il se laissa secouer comme une vulgaire brindille. Il revint à la fenêtre et colla son front moite contre les carreaux froids. La rue était toujours aussi déserte; bientôt, elle disparaîtrait derrière la buée qui se sera accumulée au rythme de sa respiration apaisée. Tout paraîtra alors paisible, comme lorsqu'on vit en marge de la vie, face au silence aimé de toutes les lassitudes - dans lequel, après tant d'énergie déployé et de vertiges affrontés, on trouve la seule forme de réalité, l'unique forme d'expression...

*Pourquoi continuer à se fatiguer alors qu'il suffirait de s'allonger et d'attendre la camarde en se rinçant le gosier avec du bon vieux brandy?... Toi qui a toujours voulu crever peinard dans ton lit... Plutôt à cent berges, mais eh ! qu'est-ce que tu veux... On peut pas tout avoir ici-bas. Comme disait le vieux Colin-Maillard: on finit toujours par se faire pincer dans ce putain de métier: le tout, c'est de savoir tirer sa révérence avec panache. Tirer sa révérence...*

La psychologie du vieux mentor finissait de le jeter dans une certaine torpeur. Il revoyait encore le vieil avocat repenti lever son index doctrinal, citer de mémoire un article du code pénal et sortir sa fameuse réplique: "Le Code est formel". Avec son vieux fedora, ses éternelles lunettes noires américaines et son visage parcheminé de bandit basque, elle ne manquait jamais son effet, si bien sûr on connaissait déjà l'homme. Il s'agissait d'un de ces êtres qu'on n'avait pas envie de décevoir, non à cause d'éventuelles conséquences fâcheuses, mais par exigence intérieure.

*Je me demande ce qu'il...*

- Toc toc toc !

Sa respiration se figea; son pouls, en revanche, grimpa en flèche. La buée s'effaça peu à peu pour laisser place à la rue. Lentement, il tourna son visage en direction de la porte. Avait-il rêvé ?

*Ahmed ? Soliman ? Sarah ?...*

Le taulier de l'établissement, son fils ou sa fille ? Il les avait pourtant prévenu qu'il ne voulait pas être dérangé. Le vieux était connu pour sa discrétion, mais il est vrai que ses enfants n'avait pas acquis le tour d'esprit qui convenait au genre de la maison. Quelques jours plus tôt, il avait déjà constaté que Soliman le dévisageait d'une drôle de façon, quêtant dans son visage les signes qui eussent pu le rassurer quant aux motifs de sa présence ici; et il avait surpris la grimace de la petite lorsqu'il avait tendu au patron un mois entier de location, plus "l'enterrement". Son esprit, momentanément abruti par la peur, énuméra les divers signes qui eussent annoncé cet événement incongru, tout en sachant pertinemment qu'il avait soigneusement mis de côté la seule possibilité qui briserait l'équilibre précaire du jour.

*C'est eux !*

Avant même qu'il ne se rendît compte de ce qui se passait, il avait déjà saisi la seule arme qui se trouvait à portée de main et collé violemment son dos contre la porte. Quelques secondes plus tard, il se rendit compte qu'il avait d'une part confirmé sa présence si on en doutait, et que d'autre part il avait pris un couteau à couper les citrons.

*Brutto stronzo !*

Il fit une grimace. La situation était à pleurer: on était bien loin des fantasmes de mort qui avaient agité ses journées jusque là. Comme souvent en ces occasions désespérées où le danger nous prend impitoyablement au dépourvu, la vie ne défile pas seulement devant nos yeux; elle se bouscule également à travers la gorge serrée par l'angoisse, en d'étranges mélopées qui remontent depuis des âges puérils...

- Padre nostro che sei nei cieli sia santificato il tuo nome venga il tuo regno sia fatta la tua volontà...

Il sentait un filet de sueur froide courir le long de son épine vertébrale. Ses jointures devenaient blanches à force de serrer son arme de fortune. Il essayait d'ébaucher des plans d'attaque, mais tous finissaient par fondre comme neige au soleil face à l'irrémédiable. Ce qui importait désormais, c'était de retarder l'échéance, d'ancrer solidement ses pieds sur le plancher, d'appuyer son dos contre la porte de toutes ses forces, de retenir les forces qui conspiraient à sa fin. Et cependant, ses chuchotis ne finissaient pas de développer leur long chapelet de bondieuseries ânonnées en tout hâte, à la façon dont on essaye en dernier recours une formule magique dont on doute pertinemment de l'efficacité.

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Mar 28 Juin - 19:58

Derrière la porte, on s'impatiente. On toque une deuxième fois. Une voix féminine, portée par un très fort accent slave s'exprime.

Femme a écrit:
Missiou Aloubèrte, c'est le ménaje, ça fait 6 jours que nous n'avons pas nettoyé. Missiou Aloubèrte, vous êtes là ?

Je vais ouvrir avec la clé.

Panique justifiée ou fausse alerte ? Votre paranoïa vous pousse à la méfiance, mais votre bon sens vous indique que oui, dans un hôtel, les femmes de chambre font leur métier.
 
 
Virgilio di Constantini

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Nationalité: Italie Italie
Don/Rune:
Allégeance: Inconnue

Dim 31 Juil - 15:02

Toc toc toc...

Un bref silence, puis on avait recommencé à frapper à la porte. Le visage apeuré et en sueur de Virgilio se tourna sur le côté. Les mots parvenaient à travers la porte, intacts; mais il fallait encore qu'ils traversent l'épaisseur de l'abrutissement dans lequel se trouvait leur destinataire pour trouver leur sens. "Aloubèrte" ? Était-ce sous ce nom qu'il s'était inscrit ? Six jours ? Le ménage ? La clé. L'accent slave.

*C'est bon, calme-toi... Ils ont pu en engager une, entretemps, c'est possible, tout à fait possible...*

Peu à peu, les mots s'agencèrent pour former un tout cohérent. Une nouvelle, six jours, le ménage, la clé. Elle ne doit pas être au courant pour "l'enterrement" du client de la chambre 15 qui n'existe pas. Le florentin se redressa, desserra son emprise sur le manche du couteau; mais ses muscles n'en restèrent pas moins tendus.

- Ah... Oui, oui !... Oui, naturellement, naturellement ! répondit-il d'une voix un peu aiguë. Euh... Une minute, lé temps qué jé m'habille... Ta ra ta ta...

L'hésitation fit déraper son français, qui se teinta de son italien natal. Il avait l'air un peu plus rassuré par la banalité de la tournure que prenait les événements, sans toutefois que son esprit ébranlé ne cessât d'entretenir des doutes délirants. Une femme de chambre payée pour l'attirer dans un traquenard tendu par les hommes en noirs; à moins qu'elle ne soit elle-même armée et prête à tirer sitôt le seuil franchi ? A moins que ce ne soit tout simplement un homme armé contrefaisant une voix féminine. Un homme déguisé en femme de chambre avec, surgissant de son tablier, le canon d'un neuf millimètres braqué vers lui...

- Hahahaha...

Son rire nerveux s'éteignit aussitôt lorsque son regard rencontra la fenêtre. L'impossible issue de secours. Dehors, il s'était arrêté de pleuvoir. Un arc-en-ciel apparaîtrait peut-être; ce serait un signe encourageant. Il comprit alors qu'il devait prendre une décision dans les vingt secondes suivantes, une décision qui était somme toute assez simple. Il cacha la main qui tenait le couteau derrière son dos et se dirigea vers la porte, en maudissant intérieurement le propriétaire qui n'avait pas eu le bon sens de les munir d'une chaîne de sécurité ou d'un judas. Jambes fléchées, il se mit en position d’accueillir un éventuel adversaire.

- Me voilà...

La bouche ouverte, les yeux écarquillés et le visage trempé par la sueur, il posa sa main libre sur la poignée en cuivre de la porte et ouvrit doucement...

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Lui
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Mer 3 Aoû - 23:48

Vous ouvrez donc la porte, vous préparant à parer à toute éventualité face à la personne qui se tient devant vous... et vous tombez nez à nez avec... personne. L'espace face à vous est vide de toute âme qui vive.

Vous êtes à la fois surpris et rassuré, mais ce sentiment se transforme vite en une ineffable sensation de malaise. Un malaise glacial. La température semble étrangement être descendue brusquement autour de vous. Vous êtes saisis d'un frisson, comme si vous aviez mordu à pleines dents dans une couche de givre.

Vous baissez alors lentement le regard, et découvrez à vos pieds la femme de chambre, inanimée. Une longue traînée de sang s'écoule depuis sa gorge ouverte, silencieusement, presque paisiblement. La flaque s'est frayé un chemin entre vos jambes et vient s'échouer à l'intérieur de votre chambre.

Le visage de la femme de chambre est crispé dans une moue qui vous semble être celle de l'horreur. Ses pupilles ouvertes vous contemplent. Vous remarquez alors qu'une fine couvre de givre semble recouvrir sa peau tout entière, la faisant briller ça et là comme ci elle était faite de paillettes.



 
 
Virgilio di Constantini

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Nationalité: Italie Italie
Don/Rune:
Allégeance: Inconnue

Dim 7 Aoû - 18:50

Le regard fou, Virgilio scruta l'étroit couloir. Rien. Son esprit, qui jusque-là ne demandait rien de mieux que d'apaiser la tension à laquelle il était soumis, trouva là un prétexte suffisamment crédible pour se détendre. Les raisons les plus rassurantes du monde commençaient déjà d'affluer en abondance: elle s'était trompée de chambre, c'était sûrement un gosse qui a voulu faire une farce (il ne s'avisât pas que le genre familial n'était pas celui de la maison), ou une de ces vieilles clochardes qui profitaient d'une nuit à l'hôtel pour faire de légères ablutions ou pour vider le mini-bar...

Pourtant, sa vision périphérique l'informa que quelque chose n'allait pas. Le danger s'était fait masse inerte, menaçant le centre de sa soudaine quiétude. Et de fait sa prise sur le couteau qu'il tenait dans son autre main ne s'était pas desserrée, comme si un secret instinct l'avait averti de l'événement avant même qu'il se fût produit - la prescience du corps étant, en pareilles occasions, reconnaissance des choses avant d'être connaissance tout court. Ce n'est que lorsqu'il baissa son regard déjà horrifié qu'il vit; et ce fut alors comme si ce qu'il voyait n'était que le pâle reflet d'une vision intérieure, antérieure...

Des pas faisaient gémir le vieux plancher. Il faisait noir. La lumière d'un lampadaire éclairait de biais un bureau en bois massif. A son pied gisait un homme parmi les feuilles éparses, LE dossier à la main. Les yeux grands ouverts qui fixaient l'inconnu. L'inconnu qui le luit rendit.

*Pas encore !*

L'abject sentiment de déjà-vu le fit frissonner. Il ne pouvait plus déglutir; sa gorge s'était asséchée. Il resta figé le temps que les heures, les minutes, les secondes reprennent leur place. Dans un coin de son esprit vaincu par la frayeur, il eût sans doute l'impression de faire face à une mise en scène macabre destiné à l'attirer pour l'y abîmer; dans un autre, c'était les débuts d'une conviction suivant laquelle il faisait face à des forces qui le dépassaient et qui ne tramaient pas seulement sa mort, mais également sa défaite; dans un autre encore, il se savait dans un cauchemar qui effacerait sous peu les pistes menant à la réalité...

Son corps prit apparemment la décision à sa place: il recula lentement de deux pas en arrière en laissant la porte entrouverte sur la scène. C'était seulement alors que, se repliant sur soi-même, le florentin put faire la part entre ce qui relevait de la chair de poule et du froid qui mordaient ses lèvres blêmes et sèches, ainsi que sa langue et tout l'intérieur de sa bouche béante.  C'était seulement alors qu'il remarqua le filet de sang froid qui coulait tranquillement le long du sol, le léger scintillement du corps refroidi, l'engourdissement qui commençaient à gagner les extrémités de ses doigts.

- Q-Qu'est-ce...

Le serpent rouge passait entre ses deux jambes pour s'enrouler autour de sa colonne vertébrale. La certitude qu'il y avait quelqu'un ou quelque chose derrière vous, comme en ces heures troubles du sommeil paradoxal dont on disait jadis qu'elles étaient celles que choisissait l'incube pour assaillir sa victime... Mais il ne manqua pas longtemps de cœur et, dans l'hypothèse où la présence avait quelque consistante et dans celle où, de surcroît, elle ne s'était pas encore faite connaître d'une manière ou d'une autre, il fit volte-face, sa main tenant son couteau accompagnant mollement le reste de son corps, s'attendant à rencontrer une certaine résistance...

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Rebecca Frost
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Don/Rune: Illusions sensorielles
Allégeance: Inconnue

Jeu 11 Aoû - 18:00

/???/

- Hello sweetie.

Le cadavre qu'avait fait apparaître Rebecca disparut presque instantanément devant les yeux éberlués du bellâtre blondinet qui se tenait face à elle. Alors c'était lui qu'elle était supposée ramener au bercail ? Il n'avait pas l'air bien dégourdi, il avait été complètement absorbé par l'illusion qu'elle avait créé. Ça faisait d'ailleurs assez longtemps qu'elle n'avait utilisé ses pouvoirs, pas depuis qu'elle avait aidé Matrim à sortir de son épineuse situation à Londres. La demoiselle restait cependant relativement heureuse de ne pas être rouillée et d'avoir pu matérialiser un cadavre de façon aussi réaliste. Il avait l'air plus vrai que nature !

*Peut être songer à me recycler dans les effets spéciaux si on a plus besoin de moi... *

Quoi qu'il en soit, la belle blonde à la chevelure d'or se trouvait face à un homme cruellement mignon. Elle devait bien se l'avouer, elle aurait bien accepté une invitation à dîner s'il lui proposait. Malheureusement pour elle, Rebecca avait reçu des ordres. Elle n'avait pas le temps de flirter....dommage, elle trouverait bien un moyen de joindre l'utile à l'agréable un de ces jours.

- Alors ? On a eu un peu peur à cause de moi... ? Hm, navrée. J'ai toujours apprécié les entrées fracassantes. Fit-elle en avançant tout doucement vers lui, le son de ses talons raisonnant sur le sol.

Elle lui souriait avec ses lèvres pulpeuses soulignées de rouge, rejetant sa belle chevelure en arrière. A présent à un mètre de lui, Rebecca conservait son calme, essayant de mettre à l'aise son interlocuteur. Comment pouvait-il ne pas être à l'aise ? Bon, c'est vrai, elle avait fait apparaître un faux macchabée et l'avait fait affreusement baliser. Mais il restait en face d'une sulfureuse et magnifique femme, ça devrait compenser ! Enfin, techniquement...

- Je sais, on ne se connaît pas. Mais vous pouvez m'appeler Frost, Rebecca Frost. Et je suis là pour vous emmener avec moi.

Avec une introduction pareille, qui s’avérerait capable de résister à l'appel d'un aussi belle sirène ? L'Ulysse qui se trouvait en face d'elle était dans une position bien délicate, elle en avait conscience. La belle avait des consignes très strictes à suivre. Elle l'aurait bien aidé, mais ça n'était pas vraiment ce qu'on lui avait demandé...

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Virgilio di Constantini

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Ven 12 Aoû - 22:56

Le cauchemar trouvait là une concrétion à laquelle le florentin ne s'était pas attendu. Au reste, qu'est-ce qui pouvait relever de l'attendu en pareille occasion ? La surprise était multiple et son intensité telle qu'il avait lâché un hoquet de frayeur face à la fantastique apparition.

Cela a été d'ailleurs la seule chose qu'on pût tirer de lui: il gardait son ridicule couteau à trancher les citrons par devers lui, tandis qu'il se palpait frénétiquement le torse, lequel apparaissait sous le maillot de la Juventus imbibé de sueur. Nul doute qu'il n'avait jamais assisté de sa vie à un tel exploit; comme il ne faisait aucun doute que la femme, à travers son calme d'autant plus affiché qu'il était avéré, s'attendait probablement à l'entendre hurler de peur. S'il y avait quelque chose de plus effrayant qu'un miracle, c'était d'en voir la cause juste devant soi, travesti d'une apparence et de mots qui ne comptaient plus aux yeux grand écarquillés et aux dents serrées d'un esprit soumis à autant de tension. De fait, il ne donnait pas l'impression d'écouter ce qu'elle disait; il ne donnait même pas l'impression qu'il avait envie de l'écouter.

Il leva sa tête, l'air encore plus fou si c'était possible, puis effectua un pas en arrière. L'impulsion prochaine serait décisive; il détalerait pieds nu à travers les couloirs si on lui en donnait l'occasion. Il oublierait tout, laissant dans cette chambre de l'enfer tout ce qui avait trait, de près ou de loin, aux choses qui le menaçaient: la vision, le dossier de l'ambassade, ces histoires étranges, ces rêves vertigineux et ces veilles futiles, promis juré craché croix de bois croix de fer si je mens je vais en...

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Rebecca Frost
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Don/Rune: Illusions sensorielles
Allégeance: Inconnue

Mer 7 Sep - 14:38

*Huhu, le pauvre a l'air tooout déboussolé... *

Rebecca se trouvait en face d'un pauvre faon apeuré, tremblotant et prêt à partir au quart de tour pour s'enfuir à toutes jambes loin vers cette forêt encore plus hostile qu'était la ville. Pourquoi la fuir ? Parce qu'elle avait fait démonstration de son don surnaturel ? Parce qu'elle avait fait apparaître un cadavre pour rire un peu ? Bon, son sens de l'humour était peut être à revoir, mais pouvait-il la blâmer ? Il avait l'air déjà suffisamment crispé quand elle était arrivée...Mais sans doute sa réaction était-elle normale ? Quelle autre créature effraie mais est inoffensive...l'araignée ! Dans cette situation Rebecca était sans doute une araignée qui effrayait quelqu'un alors qu'elle n'avait aucune intention de nuire.

*Peut être m'excuser...Ou alors...? *

- Ecoutez...

Que faire ? Il était à deux doigts de lui voler dans les plumes et de s'enfuir vers l'escalier. Ça serait dommage qu'elle loupe sa mission juste à cause d'une mauvaise blague...Bon, abandonnons les pouvoirs ! Il fallait qu'elle le garde avec lui coûte que coûte, on risquait de lui taper sur les doigts sinon. Il était grand temps pour elle d'user de son arme la plus puissante : sa beauté. S'élançant vers lui, elle ne lui laissa même pas le temps de se mouvoir, elle lui empoigna le col puis se cambra pour bomber légèrement sa poitrine. Pinçant la bouche et battant les cils, elle passa son autre mais sur l'épaule gauche du bel homme.

- Hmmm...Vous me feriez faux bond sans même savoir ce que je vous veux ? Vous oseriez me laisser toute seule, hm ?

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Virgilio di Constantini

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Mar 20 Sep - 22:20

Comment, en effet, pourrait-on laisser une telle créature seule ? On ne pouvait manquer de ressentir combien il serait goujat et même stupide de le faire ! ne serait-ce que parce qu’on était pris dans les rêts délicats du parfum qui s’exhalait de cette gorge aux prémisses troublantes... Les lèvres de jaspe s’entrouvraient, raison suffisante pour qu’un sens parvînt au nez de l’interlocuteur un tant soit peu vulnérable à la gent féminine, à défaut de parvenir à ses oreilles. À quoi bon tenter de lire dans les pensées de cet être lorsque même les armées célestes, connues pour résister aux affres des apparences, succomberaient à ces charmes ? Le glaive le plus vengeur tombe face à une telle apparition ; mais d’une façon peut-être plus glorieuse que celle avec laquelle le couteau à trancher les citrons de Virgilio tomba au sol.

Cette proximité soudaine n’avait cependant pas suffit à éloigner la peur, et les doutes moins encore ! Les yeux demeurés écarquillés, la bouche stupidement entr’ouverte, le dos penché en arrière, la taille plus petite que celle de l’autre, juchée sur ses talons hauts ; l’ensemble aurait évoqué, de façon infaillible, l’atmosphère quasi-irréelle des subjugations divines telles qu’elles furent esquissées par le jeune Titien, n’eût été l’accoutrement modernissime de celui qui, visiblement, supportait la Juventus de Turin. D’autre part, il était évident que le rapport de force était ridiculement écrasant. Et naturellement, c’est tout aussi ridiculement que le Florentin se mit à rougir et à bafouiller dans la même langue...

-Mais non, mais non, mais pas du tout, c’est djouste que j’ai une affaire très très urgente à régler, jé viens juste dé m’en souvenir...

Il montra du pouce la porte qui se trouvait derrière-lui. Un geste lent, mou. Il n’aurait été guère étonnant que son interlocutrice pût entendre son cœur battre la chamade ; celle-ci savait déjà, du reste, que sa main avait l’étrange propriété de le faire fondre. Pourtant, sous toute cette chaleur, un cœur de glace, splendidement redoutable...
Le contact oculaire s’interrompit. L’homme s’humecta les lèvres, fronça les sourcils. La mollesse s’était peu à peu muée en une sorte d’hystérie intériorisée. Il était à bout de nerf, le pauvre garçon : elle le vit lorsqu’il leva des yeux larmoyants vers elle.

- Mais j’ai été très bon chrétien durant toute ma vie, délira-t-il à brûle-pourpoint, sur un ton suppliant. Je n’aurai rien à régrétter devant le Seigneur tout-puissant qué son nom soit sanctifié... Même si j’avoue deux ou trois péchés, mais alors des petits riens, vrément, mais que voulez-vous, on n’est que des créatoures faibles, même si ça n’excuse rin, mais Dieu est miséricordieux et ses émissaires charm... charitables, mais pas tout de suite, pas si tôt tout de même... Non ora, per favore ! Non ora !...

"Nonorant" ainsi en se signant frénétiquement, des bondieuseries formulées en toute hâte, comme pour repousser quelque échéance fatale. Pas si tôt ? Pas tout de suite ? Mais à quoi songeait-il donc ?

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Rebecca Frost
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Lun 10 Oct - 16:50

Qu'est ce que cet homme était singulier ! Voilà qu'il avait l'air de la prendre pour un ange ! Certes, elle était belle, très belle même. Mais bon de là à s'affoler de la sorte...Le pauvre jettait vers Rebecca un air de lamentation, il était complètement désorienté par tout ce qui se passait et venait de lui déblatérer tout un monologue sur la pureté de l'âme, sur le fait qu'il ne voulait pas tomber dans les abysses infernales. Après tout, c'était compréhensible, qui avait envie de vivre une éternité de tourments dans un gouffre aux rocs tranchants comme du rasoir, aux bains bouillonnants de lave et brûlés continuellement par des flammes dorées ?

- Calmez vous enfin chéri, Dieu sait pardonner. Vous le savez bien, et les anges aussi.

La belle mademoiselle Frost avait toujours pensé que, après la mort, l'âme s'élevait peut importe si elle a été bonne ou mauvaise. Truands comme saints, tous devraient passer par le même chemin et affronter leurs douloureux souvenirs, leurs fantasmes mais aussi leur subconscient pour atteindre enfin le lieu où ils seraient jugés pour leurs actions. Là-bas, à la manière de la pesée des égyptiens dans l'Antiquité, on leur dirait vers où ils devraient se diriger. Atteindre un plan supérieur ou redescendre sur Terre sous une nouvelle enveloppe de chair et recommencer à zéro. L'éternel recommencement, la mort n'était pas une fin mais le début vers autre chose. Mais, à en juger par son accent, ce charmant garçon devait être italien.

*Aaah les italiens...toujours à fleur de peau quand il s'agit de religion... *

Rebecca s'avança encore un peu plus pour poser ses mains sur ses épaules et le regarder plus amicalement. L'important ici était de le garder en confiance et surtout de ne pas l'apeurer davantage. Le pauvre était près à éclater en sanglots et supplier le divin de lui accorder sa grâce...Autant ne pas le faire piailler davantage.

- Écoutez, calmez vous. Votre âme ira parfaitement bien, si vous voulez on peut en discuter un peu. Aller, ça vous dit pas de faire un bout de chemin avec moi ? Tranquillement ? On pourrait aller...je ne sais pas...jusqu'au Louvre ! Ou même visiter le musée, vous savez en ce moment ils ont mis Botticelli à l'honneur c'est fabuleux.

*Aller...faites que ça marche...*

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Virgilio di Constantini

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Sam 15 Oct - 20:40

- Le musée ? Le Louvre ? Boticelli, oui, oui, c'est bien sûr, oui...

Une voix distante, comme atténuée par l’épaisseur de tout ce qu’il ne comprenait, ne pouvait pas comprendre. Il avait toujours l’air d’être perdu, mais à la soudaine hystérie s’est ensuivi un calme tout aussi soudain. Ses sourcils s’élevèrent et son regard eût soudain quelque chose qui ressemblait à l’innocence d’un enfant ou d’un vieillard. Il semblait accueillir les paroles de Rebecca comme autant d’évidences qui ne souffraient pas d’être mises en question, moins peut-être parce qu’elles étaient partagées que parce qu’elles obéissaient à ses yeux à une espèce de logique irréfutable. Il hochait doucement la tête, acquiesçant à ce qui passait. Un condamné à mort n’aurait pas fait moins preuve d’autant de résignation.

L’épaule sur laquelle la femme avait posé sa main s’était détendue. Elle sentait qu’elle pouvait maintenant le manœuvrer comme bon lui semblerait ; il marcherait au-devant d’elle ou à côté d’elle comme un sujet hypnotisé par tout ce qu’on lui suggérerait. Manifestement, il ne s’était toujours pas remis de cette apparition surnaturelle ; plus encore, ce qui s’était passé paraissait l’avoir conforté dans l’idée que tout ce qui se passerait désormais serait irréel. Pour un peu, il en oublierait même sa tenue, son jean à la braguette ouverte, son cou, son bras et ses pieds nus...

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Rebecca Frost
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Jeu 29 Déc - 13:30

Rebecca avait réussi à calmer le bel italien, il était prêt à partir avec elle. Toutefois il ne serait surement pas apte à la suivre jusqu'à l'endroit où elle désirait l'emmener réellement...Heureusement que la belle avait plus d'un tour dans son sac. Elle sortit d'une de ses poches un tube de rouge-à-lèvres dorée et en appliqua sur ses lèvres. Un beau petit cadeau qu'on lui avait fait la dernière fois qu'elle était rentrée au bercail, Emilie lui avait dit que ça pouvait lui sauver la vie ou s'avérer plutôt utile dans certaines situations. C'était l'occasion parfaite pour tester ça ! S'avançant encore une fois vers Virgilio, elle s'empressa d'attraper délicatement son visage et de déposer un baiser sur ses lèvres.

- Qui vous a dit que vous deviez être éveillé pour notre ballade ?

Regardant le bellâtre éberlué, ce dernier tomba à la renverse, endormi. Le rouge à lèvres qu'on avait donné à Rebecca possédait effectivement des propriétés soporifiques pour ceux qu'elle embrassait. Emilie n'avait pas menti, c'était bel et bien un outil génial ! Encore un dernier petit détail à régler...

*Hm j'espère qu'Emilie enverra vite du renfort pour transporter ce joli coeur... *

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Lui
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Mar 3 Jan - 16:54

Le baiser de la plantureuse Rebecca fait ainsi tomber Virgilio dans des songes profonds. Le beau Virgilio s'endort dans les bras de la jolie blonde, et celle-ci le dépose à terre. A peine sa tête touche t'elle le sol que plusieurs agents pénètrent dans l'appartement et s'emparent du corps endormi.

HJ:
 
 
 
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Hôtel des Trois-Hémisphères (Paris)

  
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